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10 - Le début du travail

Après mon retour à la maison, tout est plus simple, plus doux. Même si j'ai une grossesse pathologique et que je ne peux pas quitter mon canapé, je suis beaucoup plus détendue, je m'inquiète moins. Plus les jours passent, plus je réalise que ce bébé sera cette année à la maison, on a passé le plus dur, les stades les plus critiques, on est désormais à 29 semaines, et pour la première fois depuis longtemps, je prend en photo mon ventre face à MON miroir, le sourire aux lèvres.

 

 

Les travaux de l'appartement avancent bien, nous avons crée une chambre pour Aaron en "coupant" notre salon/salle à manger en deux. Et pour retrouver cet espace, nous avons transformé notre terrasse couverte en véranda. Je m'installe chaque jour en pyjama sur un transat dehors pour regarder Jérémy travailler, être auprès de lui n'a pas de prix, il est adorable, il me prépare à manger, m'amène tout ce dont j'ai besoin. Il s'occupe de tout, c'est parfois frustrant de le regarder faire, mais pas le choix, il est hors de question d'avoir fait tout ce chemin pour rien, on ne peut pas prendre le moindre risque.

 

Je me pèse ; je fais 50,5kg. J'ai pris 6 kilos depuis le début de ma grossesse. C'est peu, je rentre encore dans mes jeans, dans mes chemises, finalement il n'y a que mon ventre qui a grossit (et il est plutôt très gros pour mon terme).

 

La sage -femme passe tous les 2 jours à la maison, on fait des monitoring, généralement j'ai 6 à 7 contractions sur une période de 30 minutes, elles sont toujours indolores et n'agissent pas sur le col. Tout va pour le mieux. Les jours se succèdent, toujours dans la joie, nous atteignons les 30 semaines.

 

 

Le 20 mars j'ai une échographie, le col est toujours de la même longueur, et fermé, c'est une bonne nouvelle. Le bébé va très bien, il pèse désormais environ 1,650kg c'est donc toujours un beau bébé, on s'inquiète beaucoup moins depuis qu'il a dépassé 1kg. Il est toujours en siège, ma sage-femme me parle de césarienne, après tout ce qu'on a vécu je ne vais pas faire la difficile ; nous prendrons le moins de risque possible pour le bébé, la césarienne nous convient, nous ferons ce qu'il faut si c'est nécessaire.

 

 

 

 

Le 21 mars, nous sommes ensemble sur le canapé devant une série quand Jérémy décide d'aller se coucher, moi qui ai du mal à trouver le sommeil, je lui dit que je le rejoindrai plus tard. J'ai quelques contractions, comme chaque soir, et soudain je sent une vive douleur dans le bas du dos. Je pense d'abord à un coup du bébé,  mais je vois bien que cette douleur arrive en même temps que les contractions. Je sens la douleur à nouveau, en même temps que je vois la contraction. Je me lève pour aller aux toilettes, et je vois que je perd un petit peu de sang. J'en ai perdu pendant longtemps à cause du décollement placentaire, mais ça s'était arrêté depuis quelques semaines. Je m'inquiète un peu, je me dit qu'il s'agit peut-être d'un nouveau décollement. Je réveille Jérémy, je lui dit qu'on devrait aller à l'hôpital le plus proche pour une échographie de contrôle. Il est bien sur de mon avis, on s'habille rapidement et nous voila partis.

 

Sur la route je dis en plaisantant "t'imagines si là on était en route pour sa naissance?" et on en rigole, ce n'est probablement pas ça du tout, on est pas fous d'inquiétude mais on a quand même besoin d'en savoir d'avantage. 

 

On arrive aux urgences de l'hôpital de Salon-de-Provence, je me présente, explique ce qu'il se passe et on me dit "c'est probablement le bébé qui arrive, vu votre terme" face à ma tête un peu décontenancée, la sage-femme me dit "ah vous n'êtes pas à terme? j'ai cru vu votre ventre" j'explique donc que non, que j'en suis à 31 semaines, et je résumé rapidement notre parcours.

 

On me met dans un petit box pour m'ausculter, on m'annonce que le bébé va bien mais que mon col est ouvert de 2 bons centimètres, que le travail a débuté. C'est la douche froide. On se regarde, un peu perdus, à la foi excités de savoir qu'on va enfin le rencontrer, à la foi inquiets de cette prématurité. On m'explique que le bébé est en siège, qu'on ne peut pas savoir quels seront ses capacités respiratoires à la naissance, qu'il pourrait avoir besoin d'être réanimé en urgence, et que pour toutes ces raisons ils nous recommandent une césarienne. On nous dit qu'il n'y a pas d'urgence, qu'elle sera réalisée tranquillement et que la présence de Jérémy est possible car le bébé va très bien. Ca nous convient parfaitement, on ne veut pas prendre le risque d'un travail trop long qui mettrait le bébé en détresse, alors on donne notre accord. Après un court entretien avec la chef de service, on prend la décision le lendemain de me transférer dans une maternité mieux équipée en terme de service de réanimation néonatale ; l'hôpital d'Aix-en-Provence. Mon col ne bouge plus, ma situation est assez stable pour permettre un transfert. Je monte dans l'ambulance, Jérémy dans la voiture, et nous voila partis. 

 

En arrivant la-bas je reexplique tout mon cas, on m'installe en chambre. On essaie de gagner un maximum de temps pour le bébé, on m'injecte donc du tractocil pour ralentir le travail. Les contractions se calment légèrement, peut-être bien que la naissance n'est pas si proche finalement ! Je me lève pour aller aux toilettes, quand tout à coup je perd beaucoup de sang, comme si on vidait une bouteille sur le sol. Je bippe les sage-femme qui pensent que j'ai rompu la poche des eaux. A partir de la, pour des raisons infectieuses, on décide de ne plus rien faire pour stopper le travail, si la poche est rompue c'est que le bébé va arriver d'ici peu.

 

 

Les pédiatres viennent nous parler, nous font visiter la néonatalogie, nous explique l'utilité de beaucoup de choses (c-pap, intubation, sondes naso-gastriques, couveuses, perfusions, lumière UV). Nous voyons plein de bébés, de tout petits bébés, qui se battent, qui luttent, et ça lui ressemble tellement. Le notre lutte depuis déjà 12 semaines, il a sa place ici, et il s'en sortira comme un chef, c'est certain. 

 

L'équipe (qui connait à peine mon cas) est bien sur inquiète pour le bébé, mais Jérémy et moi on est fous de joie.

 

31 semaines, on aura tenu 31 semaines. Tout le monde pensait que nous allions le perdre, que ce tout petit n'allait pas tenir, il y a de ça 12 semaines, nous en sommes ici, il va bien, il ira bien, nous en sommes persuadés. Nous avons un très bon pressentiment que je ne saurai pas expliquer, nous avons confiance en lui, il est bien plus fort que tout ce que tout le monde pensait, il est arrivé jusqu'ici, il peut le faire, il va encore nous étonner.

 

 

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Commentaires: 10
  • #1

    Sarah (vendredi, 08 février 2019 21:40)

    Très beau récit tu peut être fière de votre parcours

  • #2

    Julie (vendredi, 08 février 2019 21:42)

    Tu as beaucoup de force , tu est vraiment au top ! Et tu as eu énormément de courage ! Plein de bonheurs à vous 3 !

  • #3

    Émilie de wemoms (vendredi, 08 février 2019 21:44)

    Waouh magnifique j'attends la suite avec impatience

  • #4

    Aléxia (vendredi, 08 février 2019 21:52)

    J'adore vite vite vite la suite.... �

  • #5

    Patricia (vendredi, 08 février 2019 21:52)

    Ça m’a mit les frissons du début du texte jusqu’a La fin vous êtes des Warriors ��

  • #6

    Marjorie (vendredi, 08 février 2019 21:52)

    C'est fou comme on ressent toutes vos émotions a travers ton récit.
    Magnifique comme toujours !

  • #7

    Laurélia (vendredi, 08 février 2019 21:58)

    Le sixième sens des mamans comme quoi....

  • #8

    Mathilde (vendredi, 08 février 2019 22:02)

    J'adore lire ce que tu écris �� j'ai tellement hâte de voir la suite

  • #9

    Cindy Daniel (vendredi, 08 février 2019 23:38)

    J'attend la suite avec impatience, vous avez été fort

  • #10

    Lolita (samedi, 23 février 2019 07:46)

    Hate de lire la suite.... Un vrai guerrier ce petit bonhomme